Les règles correspondent à l’évacuation de la couche superficielle de l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. Ce processus résulte d’une cascade hormonale précise qui se répète à chaque cycle menstruel en l’absence de fécondation.
Rôle des hormones dans la fabrication de l’endomètre
Avant de comprendre pourquoi les règles surviennent, il faut saisir comment le corps construit la couche de tissu qui sera ensuite évacuée. Tout commence dans le cerveau, au niveau de l’hypophyse.
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L’hypophyse libère deux hormones principales : la FSH (hormone folliculo-stimulante) et la LH (hormone lutéinisante). La FSH stimule la croissance de plusieurs follicules dans les ovaires en début de cycle. Ces follicules produisent à leur tour des œstrogènes, qui agissent directement sur l’endomètre.
Sous l’effet des œstrogènes, l’endomètre s’épaissit progressivement. De nouveaux vaisseaux sanguins se forment, des glandes se développent dans le tissu. Cette construction dure environ la première moitié du cycle et prépare l’utérus à accueillir un éventuel embryon.
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Après l’ovulation, le follicule qui a libéré l’ovule se transforme en corps jaune. Ce corps jaune sécrète de la progestérone, une hormone qui stabilise l’endomètre et le rend apte à la nidation. Les glandes de l’endomètre commencent alors à produire des sécrétions nourricières.

Chute hormonale et déclenchement des règles
Si aucune fécondation n’a lieu, le corps jaune dégénère naturellement. Sa disparition provoque une chute brutale des taux de progestérone et d’œstrogènes. C’est cette chute qui déclenche le processus de desquamation de l’endomètre.
Sans le soutien hormonal, les artères spiralées qui irriguent la couche superficielle de l’endomètre se contractent. Le tissu, privé d’apport sanguin, se nécrose partiellement. Les vaisseaux finissent par se rompre, libérant du sang dans la cavité utérine.
Composition du flux menstruel
Le liquide menstruel n’est pas uniquement du sang. Il contient un mélange de cellules de l’endomètre désagrégé, de sécrétions vaginales et cervicales, et de sang provenant des vaisseaux rompus. La présence d’enzymes fibrinolytiques empêche en grande partie la coagulation, ce qui explique l’aspect fluide du flux.
Ce mélange s’évacue par le col de l’utérus puis par le vagin. La durée de cet écoulement varie selon les femmes, allant de quelques jours à plus d’une semaine.
Prostaglandines et contractions utérines pendant les règles
Un aspect souvent négligé par les descriptions classiques du cycle menstruel concerne le mécanisme physique d’expulsion du tissu endométrial. L’endomètre ne « tombe » pas passivement : le corps le fait activement évacuer.
Quand la progestérone chute, les cellules de l’endomètre libèrent des prostaglandines. Ces molécules lipidiques provoquent la contraction du muscle utérin (le myomètre). Ces contractions compriment les vaisseaux sanguins et poussent le tissu nécrosé vers le col utérin.
L’intensité de ces contractions explique directement les douleurs menstruelles ressenties par une grande partie des femmes. Un taux élevé de prostaglandines produit des contractions plus fortes, parfois comparables en intensité à de légères contractions de travail.
- Les prostaglandines de type PGF2α sont les principales responsables des crampes utérines. Elles réduisent aussi le diamètre des vaisseaux, accentuant l’ischémie locale du tissu.
- Les prostaglandines de type PGE2 peuvent en parallèle provoquer des symptômes digestifs (nausées, diarrhée) parce qu’elles agissent aussi sur les muscles lisses de l’intestin.
- L’équilibre entre ces différentes prostaglandines varie d’une femme à l’autre, ce qui explique la grande disparité d’intensité des douleurs menstruelles.

Régénération de l’endomètre après les règles
Dès les premiers jours de saignement, le cycle suivant est déjà en marche. L’hypophyse, détectant la baisse des hormones ovariennes, recommence à sécréter de la FSH. De nouveaux follicules entament leur croissance.
La régénération de l’endomètre débute avant même la fin des règles. Les cellules de la couche basale de l’endomètre, restée intacte, se multiplient pour reconstituer la couche fonctionnelle qui vient d’être éliminée. Ce processus de cicatrisation est remarquablement rapide : en quelques jours, une nouvelle surface endométriale recouvre la cavité utérine.
Les œstrogènes produits par les nouveaux follicules en croissance accélèrent cette reconstruction. La muqueuse s’épaissit à nouveau, les glandes se reforment, les vaisseaux repoussent selon un schéma spiralé caractéristique.
Variabilité du cycle d’une femme à l’autre
La durée de chaque phase du cycle dépend de la dynamique hormonale propre à chaque femme. La phase folliculaire (avant l’ovulation) est la plus variable : elle peut durer d’une semaine à plusieurs semaines. La phase lutéale (après l’ovulation) reste plus stable, généralement autour de deux semaines.
Des facteurs comme le stress, l’alimentation, l’activité physique ou certaines pathologies peuvent modifier la sécrétion hormonale et donc la régularité du cycle. Un cycle irrégulier ne signifie pas nécessairement un problème de santé, mais des variations importantes ou soudaines méritent un avis médical.
La fabrication des règles repose sur un enchaînement précis : construction hormonale de l’endomètre, dégénérescence du corps jaune, chute de progestérone, contraction utérine par les prostaglandines, évacuation du tissu, puis régénération immédiate. Chaque étape dépend de la précédente, et la moindre variation hormonale peut décaler ou modifier le déroulement du cycle menstruel.

